samedi 4 juillet 2020

L'Adjoint en Pastorale Scolaire...

Jean Thomas appelé à de nouvelles fonctions...

Rédigé par Laurent Hickel - blog des élèves...

Après de nombreuses années passées au Séminaire de Jeunes, Jean Thomas a décidé de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Le blog de élèves se devait de rendre hommage à celui quitte l’établissement avec le sentiment du devoir accompli…


Quelles sont les grandes étapes de votre passage au SEM ?


Je suis élève au Séminaire de Jeunes de septembre 1983 à juin 1986, de la classe de 2nde à la classe de terminale A1 (littéraire). Baccalauréat en poche, je pars ensuite pour des études à la Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg et en Dialectologie dans le but de devenir professeur de religion. Après l’équivalent de ce que son appelle aujourd’hui L2, je reviens au Séminaire de Jeunes comme surveillant en mai 1988. J’y suis alors Maître d’Internat à l’étage des 3èmes. En journée je suis  les cours de L3 à Strasbourg et à partir de 16h je surveille. J’ai tenu ce poste jusqu’en juin 1990. 
Le Chanoine Auer, Chef d’établissement à l’époque me propose de prendre le poste d’adjoint en pastorale scolaire. Je reviens donc le 1er  septembre 1991, répondant à l’appel du Chanoine Auer et à la nomination de Mgr Charles Amarin Brandt pour être aumônier laïc. Je suis accueilli par Mgr Vincent Dollmann (aujourd’hui archevêque de Cambrai) jeune prêtre à l’époque. Durant les 2 premières années, je poursuis mes études pour passer l’équivalent du Master Théologie et en Pédagogie Religieuse. Quand je débute au Séminaire, j’ai à peine 5 ans de plus que la plupart des élèves de terminale.
Ma mission d’adjoint en pastorale se terminera le 1er septembre prochain, puisque Mgr Ravel m’a appelé à être Animateur de la Zone Pastorale de Haguenau, une nouvelle mission à découvrir, mais qui me réjouit déjà. 

Quels sont les souvenirs les plus marquants pour vous ?
Quand je suis lycéen, la proximité des professeurs avec les élèves me surprend agréablement. Des professeurs passent le soir en étude pour nous demander si nous avons besoin de leur aide. Aux yeux de ces adultes, nous avons de la valeur. J’ai vécu mon lycée comme l’entrée dans une grande famille. Les professeurs sont des passionnés. Le chanoine Auer nous partage sa culture musicale. M. Huffschmitt me donne le goût de la lecture. M. Adé et M. Bouxom, professeurs de lettre, ont une culture énorme et nous donnent envie d’apprendre. M. Combeau et M . Ring sont toujours à notre écoute. M. Bernard Lemaître, originaire de mon village représente le trait d’union rassurant entre séminaire et maison... Je m’arrête là, mais il y aurait de nombreuses personnes à évoquer encore. 
Je me souviens que je me suis dit : à partir de maintenant je passerai plus de temps au séminaire que chez moi. Cela me donne une certaine fierté à l’époque car j’ai l’impression de vraiment prendre ma vie en main. 
La possibilité de participer à la messe ou à la prière du soir est d’une grande richesse pour moi.
A l’époque, nous avons deux journées de retraite par classe et par année. Nous partons avec l’aumônier de l’époque (le père Joseph Lutz) pour aller dans une grande salle à Keffenach à  pied. Nous dormions une nuit sur place. Mais surtout, ce périple est une belle aventure qui nous a permis de mieux nous connaître et de nous ouvrir à Dieu. 
A la fête de la Saint Joseph et durant les jours de fête, nous avons droit à un verre de vin. Autre fait qui parait complètement irréaliste aujourd’hui : les mardi soirs le préfet nous demande de lui passer la commande de cigarettes que nous désirons acheter. Au bar, mercredi après-midi nous les récupérions.
Dans ma carrière d’adjoint en pastorale, je garde un souvenir ému des années de direction de Patrick Wolff. Ancien collègue et ami, il est revenu au Séminaire comme chef d’établissement. Avec lui et Régis Laulé, l’aumônier de l’époque, nous avons tous les 15 jours une réunion que nous appelons WOLUTH (comme WOlff, LaUlé et THomas). C’est en fait un conseil pastoral très efficace qui travaille de manière très fraternelle et ne manque pas d’humour. Nous prenons le petit déjeuner ensemble et nous partageons les joies et les difficulté du métier. C’est de cette équipe qu’est né la nouvelle formule de la St Joseph, d’abord portée par Régis. 
Les « Saint Joseph » sont des moments forts qui permettent d’accueillir une trentaine d’intervenants extérieurs, tous témoins du Christ. Ce projet est possible grâce à l’implication de l’ensemble des collègues. 

 
Quel était votre état d’esprit la première fois que vous êtes venu au SEM ?
Je me rappelle que j’arrive inquiet car jusqu’alors j’habitais à 5’ de mon collège de secteur à Soufflenheim, et l’arrivée au Séminaire m’oblige à quitter ma famille, mon village du dimanche soir à 20h au samedi matin 10h50. En classe de 2nde, nous ne sommes que 2 nouveaux élèves sur l’ensemble des classes. Tous les autres élèves de ce niveau se connaissent depuis la 7ème. Ce n’est pas facile de trouver sa place. 
Je suis heureux malgré cela. Je sais que l’internat était un sacrifice pour mes parents, mais ils tiennent à m’offrir une scolarité dans un excellent lycée à Walbourg. Je suis conscient de poursuivre ma scolarité dans une école sérieuse ou de nombreuses personnalités ont fait leur lycée et que l’internat est une vrai chance pour les études, mais aussi pour apprendre la vie avec les autres.

Quel est votre état d’esprit au moment de le quitter ?
Sans prétention aucune, j’ai le sentiment d’avoir accompli un beau travail durant ces années et fait d’innombrables belles rencontre. Le travail en pastorale n’est pas quantifiable, mais j’étais toujours heureux dans ma mission. Ma mission est possible grâce à tous les collègues et tous les élèves, les parents qui ont accepté de faire équipe avec moi et qui ont remonté les manches pour des projets comme la St Joseph, le Pèlerinage, la semaine d’adoration au Mt Ste Odile, le séjour des Lycéens à Taizé...
Ce sont tous ces visages, toutes ces rencontres qui m’ont apporté confiance. J’en garderai le souvenir comme un trésor pour avancer dans ma nouvelle mission.
Le public que nous accueillons aujourd’hui à Walbourg est très différent d’il y a 29 ans. Une des grandes différences, c’est la culture des élèves que nous accueillons. Quand je suis arrivé, la grande partie des élèves, des professeurs et de la direction avait une large culture chrétienne commune. Depuis une quinzaine d’année, la vie d’Eglise, la culture chrétienne ne fait plus naturellement partie de l’environnement. Aujourd’hui par exemple, il faut expliquer  ce que sont les Noces de Cana… Un miracle dont tous les élèves connaissait les détails en 1991. 

Quelle seront vos nouvelles fonctions ?
A partir du 1er Septembre, je serai Animateur de la Zone Pastorale de Haguenau, un territoire qui compte 150 000 habitants, une 50ène de paroisses regroupées en 14 communautés de paroisses.
Pour faire simple, le diocèse de Strasbourg (Alsace) compte 13 zones pastorales. A la tête de chaque zone il y a un binôme formé d’un prêtre et d’un laïc. Je porterai la responsabilité de la zone pastorale avec le Père Marc Kalinowski, qui curé de Bischwiller et responsable de la zone.
Mon travail se fera avec des groupes d’adultes en responsabilité, avec des communautés de paroisses, avec six grandes commissions de travail. Dans la zone de Haguenau, il y a aussi une ComJ (commission jeunes) très active dont je fais partie. Le responsable de cette commission est actuellement Cyril Renay. C’est lui qui prendra ma succession à la rentrée à Walbourg.
Je ne quitte pas complètement le séminaire puisque continue à assurer les 4h de religion au lycée.

Avez-vous un dernier message à adresser à l’ensemble de la communauté du SEM ?
L’Archevêque de Strasbourg Mgr Ravel a nommé un successeur à mon poste, qui est un jeune père de famille, familier du monde des jeunes puisqu’il était animateur sportif, avant d’être, depuis 5 ans, coopérateur pastoral pour les jeunes de la communauté pastorale de Bischwiller. Je souhaite que vous puissiez bien l’accueillir, que vous lui fassiez confiance afin qu’il soit toujours à l’aise pour faire vivre la Pastorale et ainsi mette toute ses qualités au service du projet éducatif de notre école. M. Cyril Renay est un croyant et sa foi, il la transmet notamment par la musique et la louange. Il a une bonne formation théologique, une bonne connaissance des enfants et des jeunes. Il est sportif… Je n’en dit pas plus, je vous laisse le découvrir dès la rentrée prochaine. 
Réjouissez-vous pour cette nouvelle page pastorale que vous aurez à écrire, en vous impliquant, avec M. l’Abbé Jacquemin et avec M. Renay. Bel été à chacun de vous. Nous nous croiserons encore, et je vous porte tous dans ma prière, et cela dès la semaine prochaine au Mont Sainte Odile, avec quelques professeurs et une dizaine d’élèves…
A chacun de vous en cet été, gardez le cœur ouvert ! Faites une place pour toute nouvelle  rencontre, même et surtout pour celle avec Jésus-Christ, avec Dieu. Lui remettre sa vie, nous ouvre à de belles et heureuses surprises. Même les temps difficiles sont plus légers en sa présence, puisqu’Il nous aide à porter notre fardeau. J’aimerai vraiment que vous puissiez tous découvrir et vivre de cette espérance.

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